Utilisation de l’Inventaire du Tempérament et du Caractère pour décrire l’efficacité de laGestalt-thérapie
8 septembre 2026

Jean-Luc Vallejo*, Benjamin Calvet**, Jean-Pierre Clément**
** Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale (INSERM) U1094,
Institut de Recherche pour le Développement (IRD) UMR270, Univ. Limoges, CHU Limoges.
Pôle Universitaire de Psychiatrie de l’Adulte, de la Personne Âgée et d’Addictologie,
Centre hospitalier Esquirol, Limoges, France, 3 Centre mémoire de ressources et de recherche du
Limousin, centre hospitalier Esquirol, Limoges, France,

* Institut Limousin de Formation et de Gestalt-Thérapie, Limoges.

Si en tant que praticiens, formateurs, superviseurs en Gestalt-Thérapie, nous avons pu constater les
effets bénéfiques de la Gestalt-thérapie (GT) chez nos clients, chez nos élèves, et bien sûr chez nous-
même et nos collègues, les évaluations de l’efficacité de la GT demeurent très rares. Nous n’avons eu
jusqu’ici que des données subjectives à présenter à la communauté scientifique et au grand public sur
l’efficacité de notre pratique. Les études privilégient généralement les enquêtes narratives avec une
analyse des données impliquant la réduction, la synthèse et la reconfiguration des récits des patients [1-
4]. Quant aux évaluations sur l’efficacité elle-même de la GT, elles sont principalement qualitatives [5,
6] et portent souvent sur la fidélité, l’adhésion aux thérapeutes [7,8] et la sensibilité esthétique [9- 11].
Seule la méthode CORE-OM (Clinical Outcomes in Routine Evaluation–Outcome Measure) a été
utilisée pour mesurer le niveau de détresse des patients séance par séance, mais elle est davantage axée
sur la comparaison de l’efficacité des thérapeutes [12, 13].
Nous avons donc aujourd’hui le plaisir de vous informer que le 26 septembre 2025, est parue une
publication à propos de notre étude sur l’évaluation de la Gestalt-thérapie, l’étude THEGETCI, dans une
revue scientifique internationale, Frontiers in Psychiatry, avec le titre : Use of the Temperament and
Character Inventory to describe the effectiveness of Gestalt therapy (Utilisation de l’Inventaire du
Tempérament et du caractère pour décrire l’efficacité de la Gestalt-thérapie).[14]

  1. La démarche
    C’est d’une collaboration et d’une réflexion commune de Gestalt-thérapeutes des écoles de
    Limoges (ILFG) et de Rennes (Gestalt+), et de psychiatres du service hospitalo-universitaire de
    psychiatrie de Limoges, qu’est née en 2013 l’idée d’un projet d’évaluation scientifique de la Gestalt-
    thérapie sous la direction du Pr Jean-Pierre Clément et du Pr Benjamin Calvet, l’étude THEGETCI
    (Thérapie, Gestalt, Temperament and Character Inventory).
    La finalité de notre étude nous a été inspirée par les fondateurs de la GT qui écrivaient en 1951 :
    « Lorsque le comportement interpersonnel est névrotique, la personnalité est constituée d’un certain
    nombre de conceptions de soi erronées, d’introjects, d’idéaux du soi, de masques, etc. Mais une fois la
    thérapie terminée (et cela s’applique à toute méthode thérapeutique), la personnalité constitue une sorte
    de cadre d’attitudes permettant de se comprendre soi-même et pouvant être utilisé dans tout type de
    comportement interpersonnel » [15]. Même si la Gestalt-thérapie présente le soi comme un ensemble de
    trois fonctions : le ça, le moi et la personnalité, qui constituent « les stades majeurs de l’ajustement
    créateur et de la croissance » [15], l’évaluation de la personnalité, et en particulier de ses changements,
    avant puis après traitement, permet d’évaluer les progrès dus au processus de la thérapie en Gestalt, chez
    des patients/clients ne présentant pas de psychopathologies majeures. Pour les Gestalt-thérapeutes, la
    personnalité est « la figure créée que le soi acquiert et assimile dans l’organisme, l’unissant aux résultats
    du développement antérieur » [15]. Elle se construit au fil de nos expériences de contact depuis notre
    naissance. Elle englobe les représentations que nous pouvons avoir de nous-mêmes, des autres et du
    monde, y compris les comportements habituels que nous adoptons face aux stimuli internes ou externes,
    qui peuvent parfois être répétitifs, insatisfaisants, voire pathologiques [16, 17]. 2
    Cette étude consistait à évaluer les évolutions éventuelles qu’une série de séances de Gestalt-thérapie
    pourraient entraîner sur la personnalité, telle que définie par l’Organisation Mondiale de la Santé : « Les
    schémas de pensée, de sentiment et de comportement enracinés caractérisant le mode de vie et
    d’adaptation unique d’un individu, et résultant de facteurs constitutionnels, du développement et de
    l’expérience sociale ». Pour Perls et Goodman, la personnalité est une sorte de « copie verbale du soi ».
    Pour eux, « la personnalité est le système d’attitudes assumées dans les relations interpersonnelles, c’est
    l’hypothèse de ce que l’on est, servant de base à l’explication de son comportement, si une
    explication nous en était demandée » [15]. Forts de cette définition, nous avons opté pour un outil
    scientifique d’évaluation dimensionnelle de la personnalité : le Temperament and Character Inventory
    (TCI) de Cloninger [18].
    Au début des années 90, C. Robert Cloninger [19] propose une théorie biopsychosociale intégrative
    de la personnalité, qui s’articule autour de deux composantes fondamentales et de leur interaction : le
    tempérament, incluant quatre dimensions déterminées génétiquement, et le caractère comprenant trois
    dimensions, facteurs épigénétiques correspondant au degré de maturation et d’adaptation du sujet sous
    l’influence de l’environnement et de l’apprentissage. Les quatre dimensions tempéramentales sont liées
    à la réponse immédiate des humains aux stimuli environnementaux fondamentaux (danger, nouveauté,
    punition, et récompense) et à des émotions de base observables dans différentes cultures (peur, colère,
    joie, tristesse). Le caractère, en revanche, est décrit comme une réponse à différents aspects selon la
    propre identité, la culture ou l’expérience personnelle de chacun (avec des différences individuelles en
    termes de valeurs, de conscience de soi, et de sentiments égo-syntones telles que la honte, la culpabilité
    ou l’empathie). Les aspects du soi correspondent à la façon dont le soi s’identifie en tant qu’individu
    autonome, partie intégrante de la société et partie intégrante de toute chose (l’univers). Le caractère est
    la structure cognitive et existentielle du soi. Les trois dimensions caractérielles sont considérées comme
    susceptibles d’évolution tout au long de la vie sous l’influence des processus d’apprentissage, y compris
    les processus psychothérapeutiques.
    Au sein du tempérament, la Recherche de Nouveauté (RN) est considérée comme liée au système
    d’activation comportementale (en réponse à la nouveauté et aux signaux de récompense ou d’évitement
    de la punition). La Recherche de Nouveauté (RN) reflète la tendance à rechercher de nouvelles
    sensations fortes à partir de stimuli inconnus et de signaux de récompense. L’Évitement du Danger (ED)
    est lié au système d’inhibition comportementale (en réponse aux signaux de punition ou de non-
    récompense) et correspond à la tendance à répondre aux stimuli aversifs par l’inhibition afin d’éviter la
    souffrance, la punition et la frustration. La Dépendance à la Récompense (DR) est liée au système de
    maintien comportemental (comportements maintenus sans renforcement), elle est associée à une attitude
    sentimentale, chaleureuse, attachée et fidèle, par opposition à une attitude de repli sur soi et de froideur.
    La DR reflète la tendance à répondre systématiquement aux signaux de récompense et à éviter la
    punition. La Persistance (P) est liée à la persévérance, c’est-à-dire la capacité à poursuivre un
    comportement sans en considérer les conséquences en l’absence de renforcement immédiat, malgré la
    fatigue et la frustration.
    Au sein du caractère, la Détermination (D) désigne la capacité d’un individu à contrôler, réguler et
    adapter son comportement en fonction d’objectifs et de valeurs choisis. D correspond à la maturité
    individuelle, c’est-à-dire la capacité à adapter son comportement en fonction de ses valeurs et de ses
    orientations personnelles, ce qui englobe la volonté de réussir, l’efficacité personnelle et l’estime de soi.
    La Coopération (C) se rapporte à la tendance à la tolérance sociale, à l’empathie, à la compassion et à
    l’entraide. C reflète la maturité sociale, caractérisée par les relations interpersonnelles et la conscience
    sociale, ainsi que par l’acceptation d’autrui. La Transcendance (T) reflète la maturité spirituelle, 3
    désignant la réalisation spirituelle et la capacité à la méditation et à la pensée non matérialiste qui
    permettent à l’individu de se représenter l’univers [20].

Cloninger et al. ont proposé plusieurs versions du TCI [21, 22]. La version utilisée dans cette étude
était une version abrégée composée de 125 questions auto-déclarées de type vrai/faux (oui/non) (TCI-
125). Comme dans l’inventaire original, la section Tempérament du TCI-125 comprend 20 items pour la
Recherche de Nouveauté (N), 20 pour l’Évitement du Danger (ED), 15 pour la Dépendance à la
Récompense (RD), et 5 pour la Persistance (P) ; la section Caractère comprend 25 items pour la
Détermination (D), 25 pour la Coopération (C), et 15 pour la Transcendance (T). Chaque dimension
comporte une à cinq facettes ; ainsi, 25 facettes ont également été mesurées comme sous-échelles des
sept principaux scores du TCI (Tableau 1).

Tableau 1. Dimensions et facettes du Temperament and Character Inventory à 125 items (1993) [22]

Chaque facette correspond à deux pôles opposés au sein de la même dimension, permettant
d’évaluer des niveaux dimensionnels supérieurs ou inférieurs selon la proximité de l’un ou l’autre pôle.

  • Pour la dimension Recherche de Nouveauté (RN), un score élevé pour la facette Besoin
    de changement (RN1) indique un plaisir des situations inconnues et une tendance à rechercher la
    nouveauté, les sensations fortes et l’aventure. Un score élevé pour la facette Impulsivité (RN2) suggère
    un faible contrôle des impulsions, des prises de décision hâtives et une distractibilité élevée. Pour la
    facette Dépenses (RN3), un score élevé est lié non seulement à des dépenses excessives d’argent, mais
    aussi d’énergie ou d’émotions. Un score élevé pour la facette Anticonformisme (RN4) est associé à
    l’irritabilité et à la désorganisation. 4
  • Pour l’Évitement du Danger (ED), une facette Inquiétude (ED1) au score élevé indique
    une anxiété ou un pessimisme, l’attente d’un danger ou d’un échec dans des situations relativement
    sûres, ainsi que la rumination continuelle des expériences négatives antérieures. Une Peur de l’inconnu
    (ED2) élevée reflète un malaise face à l’ambiguïté et à des circonstances inconnues perçues comme
    menaçantes. Une Timidité (ED3) élevée avec les étrangers indique une faible confiance en soi en société.
    Enfin, une Fatigabilité (ED4) et une asthénie élevées sont liées à un manque d’énergie et à une
    susceptibilité à l’épuisement.
  • Pour la Dépendance à la Récompense (DR), une Sentimentalité (DR1) élevée indique
    un fort degré de réactivité émotionnelle et d’attrait pour les situations affectivement fortes, une
    sensibilité émotionnelle et de la compassion. Un score important d’Attachement affectif (DR3) reflète
    une préférence pour la proximité relationnelle, le partage d’expériences et la création de liens chaleureux
    et durables. Enfin le Besoin de soutien (DR4) élevé souligne une forte dépendance à autrui dans
    différentes domaines (prise de décision, point de vue…) ainsi que le besoin de protection et la sensibilité
    à la critique.
  • Pour la Détermination (D), un Sens des responsabilités (D1) élevé reflète l’autonomie et
    la capacité du sujet à assumer ses choix et ses comportements, plutôt que d’en rejeter la charge sur
    d’autres ou sur les circonstances. Une Volonté d’aboutir (D2) forte marque la détermination à réaliser
    ses objectifs personnels à long terme afin de progresser vers un but. Un score élevé de Ressources
    individuelles (D3) reflète la capacité à résoudre les problèmes, l’esprit d’entreprise et l’ingéniosité. Une
    Acceptation de soi (D4) élevée traduit la bonne connaissance de ses capacités et de ses limites, sans
    insatisfaction excessive notamment par rapport à autrui. Enfin une facette Habitudes bénéfiques (D5) au
    score élevé souligne l’acquisition par l’expérience d’habitudes utiles et efficaces dans de nombreuses
    situations, congruentes aux valeurs et aux objectifs du sujet.
  • Pour la Coopération, une facette Tolérance sociale (C1) élevée traduit la capacité à
    accepter les différences comportementales, éthiques, intellectuelles et physiques. Une forte Empathie
    (C2) reflète les capacités d’écoute et de respect d’autrui, permettant au sujet de s’identifier à l’autre et
    de ressentir des émotions partagées, en mettant de côté ses propres jugements. Une Solidarité (C3)
    élevée traduit le niveau de générosité, l’intérêt pour la collectivité, la capacité à travailler en groupe et à
    se mettre au service des autres. Un score important de la facette Indulgence (C4) reflète une attitude
    ouverte, charitable, et pacifique sans esprit de revanche en dépit d’éventuelles malveillances d’autrui.
    Un score de Probité fort (C5) reflète un important niveau d’honnêteté et de scrupule social, d’éthique,
    avec une attitude désintéressée.
  • Pour la Transcendance (T), un fort Sens du spirituel (T1) décrit un degré important
    d’adhésion du sujet aux phénomènes non rationnels (miracles, perceptions extrasensorielles,
    intuition…). Un haut score de la facette Détachement de soi (T2) reflète la disponibilité de l’individu à
    l’égard d’états de méditation ou de transe, ou plus simplement de flottement, de fascination ou de rêverie.
    Enfin, un score de Croyance universelle (T3) élevé peut indiquer l’identification du sujet à la nature ou
    à un tout, avec l’impression d’être partie prenante d’un seul organisme vivant universel, ou plus
    simplement une implication marquée dans des activités collectives avec un esprit de sacrifice (lutte
    contre les injustices, protection de l’environnement…). Elle peut parfois impliquer une pensée magique
    qui devient dangereuse si elle coupe le sujet de de la réalité.

L’objectif principal de cette étude était de démontrer que les dimensions du caractère, susceptibles
d’évolution, mais également que les dimensions de tempérament et les affects changent sous l’effet de
la GT. L’objectif secondaire était de démontrer que ces changements sont spécifiquement liés aux motifs
des demandes d’une aide psychothérapeutique et aux alternatives psychothérapeutiques spécifiques que 5
la GT peut offrir aux différents types de souffrances ou de troubles qui génèrent ces motifs. C’est
pourquoi les résultats pour chaque type sont présentés séparément.

  1. Matériels et méthodes

2.1. Conception de l’étude et participants
Thérapie Gestalt TCI (THEGETCI) est une étude observationnelle, longitudinale et prospective.
Les investigateurs étaient des Gestalt-thérapeutes qui ont été informés sur la finalité de l’étude
(promouvoir la Gestalt-thérapie) ses objectifs (montrer son efficacité), et ses méthodes. Ils ont été
recrutés grâce à un réseau de professionnels mobilisés par l’Institut de Formation et Gestalt-thérapie de
Limoges et du Centre de Formation Gestalt-plus de Rennes. Ils étaient répartis sur l’ensemble du
territoire national, et étaient tous titulaires du Certificat Européen de Gestalt-thérapie, ou diplômés de
troisième cycle d’instituts de Gestalt accrédités et certifiés par des organismes professionnels français
et/ou européens (FF2P, Fédération Française de Psychothérapie et de Psychanalyse ; EAGT, Association
Européenne de Gestalt-thérapie ; et EAP, Association Européenne de Psychothérapie). Cette étude a été
approuvée par le Comité de Protection des Personnes de Limoges, référence : CPP16-009/ 2015-
A01208-41).
Les thérapeutes étaient rémunérés par leurs clients, mais leur participation à l’étude était volontaire
et non rémunérée. Ils devaient recueillir des informations sur les patients (âge, sexe, niveau d’études et
traitements habituels) et décrire brièvement les raisons des demandes de psychothérapie des clients. La
file active des clients des psychothérapeutes gestaltistes est principalement composée de personnes
souffrant de troubles anxieux et dépressifs légers à modérés [23, 24], souvent associés à des problèmes
névrotiques, des problèmes d’estime de soi, de perte, de deuil et de séparation. Les auteurs ont examiné
les problèmes mentionnés par les patients, ainsi que les symptômes et les comportements identifiés par
le psychothérapeute et les ont classés selon la Classification Internationale des Maladies et des
problèmes de santé connexes (CIM-10,10e révision) en six catégories : problèmes névrotiques (F43.0 et
F43.1), problèmes émotionnels (F32.0, F32.1, F41.0, F41.1 et F41.2), problèmes d’estime de soi
(F60.30, F60.31 et F60.8), problèmes psychosomatiques (F45.0 et F45.1), détresse liée au deuil et à la
perte (F43.2) et autres problèmes. Ces questions ont été examinées séparément afin d’orienter les
stratégies thérapeutiques.
À la suite d’un entretien semi-structuré, les thérapeutes ont inclus les clients répondant aux critères
d’inclusion et d’exclusion et ont proposé un programme psychothérapeutique composé de 33 séances
d’une heure (minimum de 12), espacées sur plusieurs mois, d’une durée maximale de 2 ans.
Lors de la première séance, les cliniciens ont rempli une note d’observation et ont demandé aux patients
de répondre à des questions relatives à la personnalité, et à l’Hospital Anxiety and Depression Scale
(HAD) afin d’évaluer les affects anxieux et dépressifs des clients. Le thérapeute et le patient ont évalué
indépendamment la détresse psychologique à l’aide d’une échelle visuelle analogique (EVA) de 0 à 10
points.
Les critères d’inclusion étaient les suivants : patients de sexe masculin ou féminin âgés de 18 ans
ou plus, affiliés à l’assurance maladie, diagnostiqués avec des troubles de l’humeur (F32–F39), excluant
les troubles bipolaires et les épisodes maniaques, potentiellement associés à un trouble anxieux (F41.0,
F41.1 et F41.2) selon les critères de la CIM-10, et présentant une sévérité légère à modérée, sans
intention suicidaire. Tous les patients ont reçu des explications orales et écrites sur l’étude. Les
participants ont fourni un consentement libre, éclairé et écrit. Les critères d’exclusion étaient les
suivants : troubles psychotiques, comportement addictif à une ou plusieurs substances, déficits cognitifs
suggérant des troubles neurocognitifs, et bénéficiaires d’un statut de protection juridique (curatelle,
tutelle).
Il n’y avait aucune limite quant au nombre de clients inclus pendant la période de recrutement d’un an. 6
Sur les 59 Gestalt-thérapeutes (432 clients), 53 ont finalisé 319 cas (77 %). Les principales raisons
de non-achèvement étaient l’abandon (patient quittant la psychothérapie avant 12 séances pour des
raisons personnelles, familiales ou professionnelles) et la perte de vue (patient quittant la psychothérapie
sans explication et n’ayant plus donné de nouvelles).

2.2. Instruments de mesure et procédure
Le développement individuel par la psychothérapie a été évalué à l’aide de divers outils.
L’instrument principal était le TCI à 125 items, traduit et validé en français [25, 18]. Les analyses étaient
basées sur les scores totaux pour chaque dimension et facette (sous-dimension). Tous les scores bruts
ont été pondérés (sur 100) pour plus de lisibilité.
L’anxiété et la dépression ont été évaluées à l’aide de la version française de l’HAD [26,27], un
questionnaire d’auto-évaluation composé de 14 items cotés de 0 à 3 : 7 pour l’anxiété (A) et 7 pour la
dimension dépressive (D), chaque sous-échelle étant notée de 0 à 21. Pour chacun des deux scores, A et
D, l’interprétation est la suivante : ≤ 7 : absence de symptomatologie ; 8 à 10 : symptomatologie
douteuse ; ≥ 11: symptomatologie certaine.
L’échelle visuelle analogique (EVA) a été utilisée pour évaluer les états psychologiques subjectifs
tels que la détresse et la souffrance morale. Il s’agit d’une mesure simple, rapide et mono-item : les
patients marquaient leur état perçu sur une ligne visuelle, tandis que les thérapeutes enregistraient leur
impression clinique globale. L’échelle EVA permet également d’évaluer les changements d’état. Elle est
constituée d’une ligne ancrée entre deux extrêmes : « pas de détresse » à l’extrême gauche et « détresse
extrême » à l’extrême droite [28,29]. Le patient et le thérapeute ont marqué le point correspondant à
l’intensité perçue. Les scores ont été calculés en mesurant la distance en millimètres à partir du point de
« pas de détresse » jusqu’à la marque. Les évaluations EVA ont été réalisées de manière indépendante.
Toutes les mesures ont été complétées lors de la visite initiale et de la visite finale.

2.3. Méthodes statistiques
Les variables quantitatives ont été décrites sous forme de moyennes et d’écarts types, tandis que
les variables qualitatives ont été présentées sous forme de nombres et de pourcentages.
Les tests de Kolmogorov–Smirnov et de Shapiro–Wilk ont été utilisés pour vérifier la normalité de la
distribution des variables quantitatives. L’ensemble des scores du TCI a été ajusté pour prendre en
compte les facteurs de confusion potentielle (âge, sexe, statut socioéconomique, utilisation de
psychotropes, durée de la thérapie, anxiété et dépression) à l’aide d’une analyse de covariance
(ANCOVA). Toutes les analyses ont été réalisées à l’aide des logiciels XLSTAT 2021.2.1 et SPSS
29.0.2.0. [30].
Pour une analyse plus détaillée des statistiques et de leur méthodologie, les lecteurs et lectrices
pourront consulter l’article de la revue Frontiers in Psychiatry [14] qui est en accès libre, avec le lien
suivant : doi:10.3389/fpsyt.2025.1280954

    Tableau 2. Comparaisons des moyennes (test t apparié) entre les scores initiaux et finaux avec la procédure post-hoc de
    Benjamini-Hochberg pour contrôler les taux de faux positifs.


    Tableau 3. Comparaisons des moyennes entre les scores initiaux et finaux des dimensions et des facettes du TCI-125 selon les
    six motifs différents de demande de GT.

    Remerciements

    • Mr Yves Plu, directeur de Gestalt+, l’école de Gestalt de Rennes, et sa successeuse Mme Véronique
      Gysemberg,
    • Le Conseil d’Administration de l’Institut Limousin de Formation et Gestalt-thérapie (ILFG) et sa directrice
      actuelle Mme Isabelle Soulat,

    Pour leur participation au financement de cette étude et de sa publication.

    Mme Alexandra Foucher, Attachée de Recherche Clinique au Centre Mémoire de Ressources et de Recherche
    (CMRR) de Limoges.

    Et toutes les investigatrices et tous les investigateurs de l’étude THEGETCI, sans lesquel(lle)s ce projet
    n’aurait jamais pu aboutir :

    Algaron Philippe (Paris), Aubry Murielle (Colmar), Barreau Françoise (Aubervilliers), Beauviala Muriel
    (Paris), Béranger Nelly (Saint-Nazaire), Berthelin Anne (Saint-Marcelin de Cray), Boulangé Claire (Rennes),
    Brahim Roselyne (Le Perreux-sur-Marne), Butel Brigitte (Paris), Carpentier Anne (Paris), Charrier Carole
    (Rennes), Chatel Delphine (Rennes), Chauviré-Leduc Emmanuelle (Rennes), Chuche Ghislaine (Paris), Colavin-
    Gérard Magali (Nantes), Cornelis Marleen (Paris), Deblyck Nicolas (Nantes), Delahaie Gaëlle (Tours), Demaison
    Martine (Brive), Di Costanzo-Coucaud Nelly (Limoges), Dorcet-Deschaumes Christine (Paris), Du-Jonchay
    Priscille (Nantes), Dumez Sylvie (Nantes), Dumez Laurent (Saint-Malo), Dupré Hélène (Larmor Baden),
    Duquenois Elise (Poitiers), Elhadad Anna (Bussy-Saint-Georges), Falgas Claude (Redon), Filippi Gaëlle (Paris),
    Fourrure Sophie (Paris), Gaille Olivier (Brest), Goutherot Céline (Quimper), Grosclaude Mireille (Rennes),
    Hérault Chrystèle (Plouër-sur-Rance), Julien-Siné Céline (Perpignan), Juston Didier (Bernay), Kervern Naïg
    (Rennes), Labro Anne-Marie (Lannion), Laroche Isabelle (Maule), Lebas Cédric (Nantes), Lerasle Catherine
    (Londres), Lucas Aurélie (Saint-Malo), Mauger-Combe Florence (Le Mans), Pasquet Laurence (Limoges),
    Pluvinage Séverine (Neuilly-sur-Marne), Raymondeau Christian (Limoges), Rodier Laurence (Saint-Jean
    d’Angely), Santoro-Kerviche Grazia (Paris), Sartori Anne (Rennes), Soulat Isabelle (Limoges), Turban Jean-Yves
    (Saint-Herblon), Vallejo Jean-Luc (Limoges), Winzenried Anne (Rennes).

    Bibliographie

    1. Polkinghorne, D. E. Narrative configuration in qualitative analysis. In: Hatch, J. A., & Wisniewski, R. (Eds.). Life
      History and Narrative (pp. 5–23). The Falmer Press, London.
    2. Kelly, T., & Howie, L. Exploring the influence of gestalt therapy training on psychiatric nursing practice: Stories from
      the field. International Journal of Mental Health Nursing (2011), 20(296–304). doi: 10.1111/j.1447-0349.2010.00729.x
    3. Mackeyn, J. Developing Gestalt Counselling. London: Sage Publications (1997).
    4. Aiaach Dominitz V. Gestalt-thérapie appliquée : étude de cas d’un patient hospitalisé présentant un diagnostic de
      toxicomanie et de troubles bipolaires. Clin Psychol Psychother . (2017) 24:36–47. doi : 10.1002/cpp.2016
    5. Brownell, P. Assessment in Gestalt therapy. In: Gestalt therapy: A guide to contemporary practice (pp. 189–212).
      Springer, New York.
    6. Roubal, J., Francesetti, G., Brownell, P., Melnick, J., & Zeleskov-Djoric, J. Bridging practice and research in gestalt
      therapy. In: Roubal, J., Francesetti, G., Melnick, J., Zeleskov-Djoric, J., & Bownell, P. (Eds.), Towards a Research Tradition
      in Gestalt Therapy, 1st ed, vol. (pp. 1–17). Cambridge Scholars Publishing, UK.
    7. Stevens C, Stringfellow J, Wakelin K, Waring J. The UK Gestalt Psychotherapy CORE Research Project: The Findings.
      Br Gestalt J. (2011) 20:22–7. doi: 10.53667/HFQY7525
    8. Fogarty M, Bhar S, Theiler S. Development and Validation of the Gestalt Therapy Fidelity Scale. Psychother Res. (2019)
      30:495–509. doi: 10.1080/10503307.2019.1571688
    9. Francesetti G. From Individual Symptoms to Psychopathological Fields: Towards a Field Perspective on Clinical Human
      Suffering. Br Gestalt J. (2015) 24:5–19. doi: 10.53667/QQWT3472
    10. Francesetti G. Pain and Beauty: From the Psychopathology to the Aesthetics of Contact. Br Gestalt J. (2012) 21:4–18.
      doi: 10.53667/BZZH5404
    11. Spagnuolo Lobb M, Sciacca F, Iacono Isidoro S, Di Nuovo S. The Therapist’s Intuition and Responsiveness: What
      Makes the Difference Between Expert and In-Training Gestalt Psychotherapists. Eur J Investig Health Psychol Educ. (2022)
      12:1842–51. doi: 10.3390/ejihpe12120129
    12. Evans C, Connell J, Barkham M, Margison F, McGrath G, Mellor-Clark J, et al. Towards a Standardized Brief Outcome
      Measure: Psychometric Properties and Utility of the CORE-OM. Br J Psychiatry. (2002) 180:51–60.
      doi: 10.1192/bjp.180.1.51
    13. Armstrong J. How Effective Are Minimally Trained/Experienced Volunteer Mental Health Counsellors? Evaluation of
      CORE Outcome Data. Counsel Psychother Res. (2010) 10:22–31. doi: 10.1080/14733140903163284
    14. Calvet B, Vallejo J-L, Plu Y, Soulat I, Foucher A and Clément J-P (2025) Use of the Temperament and Character
      Inventory to describe the effectiveness of Gestalt therapy. Front. Psychiatry 16:1280954. doi:10.3389/fpsyt.2025.1280954
    15. Perls FS, Hefferline RF, Goodman P. Gestalt therapy: excitement and growth in the human personality. US:Julian Press
      (1951). p. 170-176
    16. Ginger S , Ginger A. La Gestalt, une thérapie du contact. Paris: Hommes et Groupes (1987). p. 222-223
      17 Robine JM. Le contact, expérience première. In: Robine JM, editor. Gestalt- thérapie, la construction du soi.
      l’Harmattan, Paris (1998). p. 61–79
    17. Chakroun-Vinciguerra N, Faytout M, Pélissolo A, Swendsen J. Validation franca̧ise de la version courte de l’inventaire
      du tempérament et du caractère (TCI- 125). J Thérapie Comportementale Cognitive. (2005) 15:27–33. doi: 10.1016/S1155-
      1704(05)81209-1
    18. Cloninger CR. A systematic method for clinical description and classification of personality variants. A proposal Arch Gen
      Psychiatry. (1987) 44:573–88. doi: 10.1001/ archpsyc.1987.01800180093014
    19. Cloninger CR, Svrakic DM, Przybeck TR. A psychobiological model of temperament and character. Arch Gen Psychiatry.
      (1993) 50:975–90. doi: 10.1001/ archpsyc.1993.01820240059008
    20. Cloninger CR, Przybeck TR, Svrakic DM, Wetzel RD. The Temperament and Character Inventory (TCI): a guide to its
      development and use. 1st edition. Saint-Louis, Mo: Washington University (1994).
    21. Calvet B. Les Inventaires du Tempérament et du Caractère de Cloninger : Études de revalidation et applications en
      psychopathologie et en neuroépidémiologie [thèse de doctorat]. Université de Limoges ; 2015. 468 p.
    22. Herrera P, Mstibovskyi I, Roubal J, Brownell P. Researching gestalt therapy for anxiety in practice-based settings. A
      Single-Case Exp Design Psychotherapie- Wissenschaft. (2019) 9:53b–68b. doi: 10.30820/1664-9583-2019-2-53b
    23. Francesetti G, Roubal J. Gestalt Therapy approach to depressive Experiences.
      Psychotherapie-Wissenschaft. (2020) 10:39–45. doi: 10.30820/1664-9583-2020-2-39
    24. Pélissolo A, Lépine JP. Traduction franca̧ise et premières études de validation du questionnaire de personnalitéTCI. Ann
      Méd Psychol. (1997) 155:497–508.
    25. Zigmond AS, Snaith RP. The hospital anxiety and depression scale. Acta Psychiatr Scand. (1983) 286:171–3. doi:
      10.1111/j.1600-0447.1983.tb09716.x
    26. Lépine JP, Godchau M, Brun P, Lempérière T. Evaluation de l’anxiété et de la dépression chez des patients hospitalisés
      dans un service de médecine interne. Ann Med Psychol. (1985) 2:175–85.
    27. Rossi V, Pourtois G. Transient state-dependent fluctuations in anxiety measured using STAI, POMS, PANAS or VAS: a
      comparative review. Anxiety Stress Coping. (2012) 25:603–45. doi: 10.1080/10615806.2011.582948
    28. Gift AG. Visual Analogue Scales: Measurement of subjective phenomena. Nurs Res. (1989) 38:286–8. doi:
      10.1097/00006199-198909000-00006
    29. Addinsoft. XLSTAT statistical and data analysis solution. Paris: France: Levimero (2021). Available online at:
      https://www.xlstat.com.
    30. Hofmann SG, Loh R. The Tridimensional Personality Questionnaire: changes during psychological treatment of social
      phobia. J Psychiatr Res. (2006) 40:214–20. doi: 10.1016/j.jpsychires.2005.03.010 32.Mörtberg E, Bejerot S, Aberg Wistedt A. Temperament and character dimensions in patients with social phobia: Patterns of
      change following treatments? Psychiatr Res. (2007) 152:81–90. doi: 10.1016/j.psychres.2006.10.003
    31. Mazza M, Mazza O, Pomponi M, Di Nicola M, Padua L, Vicini M, et al. What is the effect of selective serotonin reuptake
      inhibitors on temperament and character in patients with fibromylgia? Comp Psychiatr. (2009) 50:240–4. doi: 10.1016/
      j.comppsych.2008.08.004
    32. Rigozzi C, Rossier J. Validation d’une version abrégée du TCI (TCI-56) sur un échantillon de jeunes fumeurs et non-
      fumeurs. Ann Méd Psychol. (2004) 162:541–8. doi: 10.1016/j.amp.2003.09.013
    33. Fresán A, Robles-GarcıáR, López-Avila A, Cloninger CR. Personality differences according to age and sex in a Mexican
      sample using the Temperament and Character Inventory-Revised. Comp Psychiatr. (2011) 52:774–9. doi:
      10.1016/j.comppsych.2010.11.003
    34. Calvet B, Péricaud M, Parneix M, Jouette A, Bricaud M, Clément JP. Age and sex differences in temperament and
      character dimensions in a french nonclinical population. J Individ Differ. (2016) 37:168−80. doi: 10.1027/1614-
      0001/a000203
    35. Terock J, Janowotz D, Spitzer C, Miertsch M, Freyberger HJ, Grabe HJ. Alexithymia and self-directedness as predictors
      of psychopathology and psychotherapeutic treatment outcome. Comp Psychiatr. (2015) 62:34–41. doi:
      10.1016/j.comppsych.2015.06.007
    36. Kohut H. Le processus thérapeutique dans les tranferts en miroirs. In: Kohut H, editor. Le soi. PUF, Paris (1974). p. 152–
    37. Kernberg O. Principes généraux du traitement. In: Kernberg O, editor. Les troubles limites de la personnalité. Dunod,
      Paris (1997). p. 99–145
    38. Bergeret J. Théorie de la dépression-limite. In: Bergeret J, editor. La deṕression et les et́ats limites: points de vue
      theórique, clinique et theŕapeutique. Payot, Paris (1992). p. 137–51.
    39. Smadja C. La dépression inachevée. Rev Fr Psychanal. (2004) 68:1239–52. doi: 10.3917/rfp.684.1239
    40. Crits-Christoph P, Baranackie K, Kurcias J, Beck A, Carroll K, Perry K, et al. Meta-analysis of therapist effects in
      psychotherapy outcome studies. Psychother Res. (1991) 1:81–91. doi: 10.1080/10503309112331331335511
    41. Constantino MJ, Boswell JF, Coyne AE, Kraus DR, Castonguay LG. Who works for whom and why? Integrating therapist
      effects analysis into psychotherapy outcome and process research. In: Castonguay LG, Hill CE, editors. How and why are
      some therapists better than others?: Understanding therapist effects. American Psychological Association, New York
      (2017). p. 55–68.
    42. Naranjo C. The primacy of Attitude. In: Naranjo C. Gestalt-therapy: the attitude and practice of an atheoretical
      experientialism. Gateways/IDHHB Publishing, US (1993). p. 3–7.