Utilisation de l’Inventaire du Tempérament et du Caractère pour décrire l’efficacité de laGestalt-thérapie
8 septembre 2026
Jean-Luc Vallejo*, Benjamin Calvet**, Jean-Pierre Clément** ** Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale (INSERM) U1094, Institut de Recherche pour le Développement (IRD) UMR270, Univ. Limoges, CHU Limoges. Pôle Universitaire de Psychiatrie de l’Adulte, de la Personne Âgée et d’Addictologie, Centre hospitalier Esquirol, Limoges, France, 3 Centre mémoire de ressources et de recherche du Limousin, centre hospitalier Esquirol, Limoges, France,
* Institut Limousin de Formation et de Gestalt-Thérapie, Limoges.
Si en tant que praticiens, formateurs, superviseurs en Gestalt-Thérapie, nous avons pu constater les effets bénéfiques de la Gestalt-thérapie (GT) chez nos clients, chez nos élèves, et bien sûr chez nous- même et nos collègues, les évaluations de l’efficacité de la GT demeurent très rares. Nous n’avons eu jusqu’ici que des données subjectives à présenter à la communauté scientifique et au grand public sur l’efficacité de notre pratique. Les études privilégient généralement les enquêtes narratives avec une analyse des données impliquant la réduction, la synthèse et la reconfiguration des récits des patients [1- 4]. Quant aux évaluations sur l’efficacité elle-même de la GT, elles sont principalement qualitatives [5, 6] et portent souvent sur la fidélité, l’adhésion aux thérapeutes [7,8] et la sensibilité esthétique [9- 11]. Seule la méthode CORE-OM (Clinical Outcomes in Routine Evaluation–Outcome Measure) a été utilisée pour mesurer le niveau de détresse des patients séance par séance, mais elle est davantage axée sur la comparaison de l’efficacité des thérapeutes [12, 13]. Nous avons donc aujourd’hui le plaisir de vous informer que le 26 septembre 2025, est parue une publication à propos de notre étude sur l’évaluation de la Gestalt-thérapie, l’étude THEGETCI, dans une revue scientifique internationale, Frontiers in Psychiatry, avec le titre : Use of the Temperament and Character Inventory to describe the effectiveness of Gestalt therapy (Utilisation de l’Inventaire du Tempérament et du caractère pour décrire l’efficacité de la Gestalt-thérapie).[14]
La démarche C’est d’une collaboration et d’une réflexion commune de Gestalt-thérapeutes des écoles de Limoges (ILFG) et de Rennes (Gestalt+), et de psychiatres du service hospitalo-universitaire de psychiatrie de Limoges, qu’est née en 2013 l’idée d’un projet d’évaluation scientifique de la Gestalt- thérapie sous la direction du Pr Jean-Pierre Clément et du Pr Benjamin Calvet, l’étude THEGETCI (Thérapie, Gestalt, Temperament and Character Inventory). La finalité de notre étude nous a été inspirée par les fondateurs de la GT qui écrivaient en 1951 : « Lorsque le comportement interpersonnel est névrotique, la personnalité est constituée d’un certain nombre de conceptions de soi erronées, d’introjects, d’idéaux du soi, de masques, etc. Mais une fois la thérapie terminée (et cela s’applique à toute méthode thérapeutique), la personnalité constitue une sorte de cadre d’attitudes permettant de se comprendre soi-même et pouvant être utilisé dans tout type de comportement interpersonnel » [15]. Même si la Gestalt-thérapie présente le soi comme un ensemble de trois fonctions : le ça, le moi et la personnalité, qui constituent « les stades majeurs de l’ajustement créateur et de la croissance » [15], l’évaluation de la personnalité, et en particulier de ses changements, avant puis après traitement, permet d’évaluer les progrès dus au processus de la thérapie en Gestalt, chez des patients/clients ne présentant pas de psychopathologies majeures. Pour les Gestalt-thérapeutes, la personnalité est « la figure créée que le soi acquiert et assimile dans l’organisme, l’unissant aux résultats du développement antérieur » [15]. Elle se construit au fil de nos expériences de contact depuis notre naissance. Elle englobe les représentations que nous pouvons avoir de nous-mêmes, des autres et du monde, y compris les comportements habituels que nous adoptons face aux stimuli internes ou externes, qui peuvent parfois être répétitifs, insatisfaisants, voire pathologiques [16, 17]. 2 Cette étude consistait à évaluer les évolutions éventuelles qu’une série de séances de Gestalt-thérapie pourraient entraîner sur la personnalité, telle que définie par l’Organisation Mondiale de la Santé : « Les schémas de pensée, de sentiment et de comportement enracinés caractérisant le mode de vie et d’adaptation unique d’un individu, et résultant de facteurs constitutionnels, du développement et de l’expérience sociale ». Pour Perls et Goodman, la personnalité est une sorte de « copie verbale du soi ». Pour eux, « la personnalité est le système d’attitudes assumées dans les relations interpersonnelles, c’est l’hypothèse de ce que l’on est, servant de base à l’explication de son comportement, si une explication nous en était demandée » [15]. Forts de cette définition, nous avons opté pour un outil scientifique d’évaluation dimensionnelle de la personnalité : le Temperament and Character Inventory (TCI) de Cloninger [18]. Au début des années 90, C. Robert Cloninger [19] propose une théorie biopsychosociale intégrative de la personnalité, qui s’articule autour de deux composantes fondamentales et de leur interaction : le tempérament, incluant quatre dimensions déterminées génétiquement, et le caractère comprenant trois dimensions, facteurs épigénétiques correspondant au degré de maturation et d’adaptation du sujet sous l’influence de l’environnement et de l’apprentissage. Les quatre dimensions tempéramentales sont liées à la réponse immédiate des humains aux stimuli environnementaux fondamentaux (danger, nouveauté, punition, et récompense) et à des émotions de base observables dans différentes cultures (peur, colère, joie, tristesse). Le caractère, en revanche, est décrit comme une réponse à différents aspects selon la propre identité, la culture ou l’expérience personnelle de chacun (avec des différences individuelles en termes de valeurs, de conscience de soi, et de sentiments égo-syntones telles que la honte, la culpabilité ou l’empathie). Les aspects du soi correspondent à la façon dont le soi s’identifie en tant qu’individu autonome, partie intégrante de la société et partie intégrante de toute chose (l’univers). Le caractère est la structure cognitive et existentielle du soi. Les trois dimensions caractérielles sont considérées comme susceptibles d’évolution tout au long de la vie sous l’influence des processus d’apprentissage, y compris les processus psychothérapeutiques. Au sein du tempérament, la Recherche de Nouveauté (RN) est considérée comme liée au système d’activation comportementale (en réponse à la nouveauté et aux signaux de récompense ou d’évitement de la punition). La Recherche de Nouveauté (RN) reflète la tendance à rechercher de nouvelles sensations fortes à partir de stimuli inconnus et de signaux de récompense. L’Évitement du Danger (ED) est lié au système d’inhibition comportementale (en réponse aux signaux de punition ou de non- récompense) et correspond à la tendance à répondre aux stimuli aversifs par l’inhibition afin d’éviter la souffrance, la punition et la frustration. La Dépendance à la Récompense (DR) est liée au système de maintien comportemental (comportements maintenus sans renforcement), elle est associée à une attitude sentimentale, chaleureuse, attachée et fidèle, par opposition à une attitude de repli sur soi et de froideur. La DR reflète la tendance à répondre systématiquement aux signaux de récompense et à éviter la punition. La Persistance (P) est liée à la persévérance, c’est-à-dire la capacité à poursuivre un comportement sans en considérer les conséquences en l’absence de renforcement immédiat, malgré la fatigue et la frustration. Au sein du caractère, la Détermination (D) désigne la capacité d’un individu à contrôler, réguler et adapter son comportement en fonction d’objectifs et de valeurs choisis. D correspond à la maturité individuelle, c’est-à-dire la capacité à adapter son comportement en fonction de ses valeurs et de ses orientations personnelles, ce qui englobe la volonté de réussir, l’efficacité personnelle et l’estime de soi. La Coopération (C) se rapporte à la tendance à la tolérance sociale, à l’empathie, à la compassion et à l’entraide. C reflète la maturité sociale, caractérisée par les relations interpersonnelles et la conscience sociale, ainsi que par l’acceptation d’autrui. La Transcendance (T) reflète la maturité spirituelle, 3 désignant la réalisation spirituelle et la capacité à la méditation et à la pensée non matérialiste qui permettent à l’individu de se représenter l’univers [20].
Cloninger et al. ont proposé plusieurs versions du TCI [21, 22]. La version utilisée dans cette étude était une version abrégée composée de 125 questions auto-déclarées de type vrai/faux (oui/non) (TCI- 125). Comme dans l’inventaire original, la section Tempérament du TCI-125 comprend 20 items pour la Recherche de Nouveauté (N), 20 pour l’Évitement du Danger (ED), 15 pour la Dépendance à la Récompense (RD), et 5 pour la Persistance (P) ; la section Caractère comprend 25 items pour la Détermination (D), 25 pour la Coopération (C), et 15 pour la Transcendance (T). Chaque dimension comporte une à cinq facettes ; ainsi, 25 facettes ont également été mesurées comme sous-échelles des sept principaux scores du TCI (Tableau 1).
Tableau 1. Dimensions et facettes du Temperament and Character Inventory à 125 items (1993) [22]
Chaque facette correspond à deux pôles opposés au sein de la même dimension, permettant d’évaluer des niveaux dimensionnels supérieurs ou inférieurs selon la proximité de l’un ou l’autre pôle.
Pour la dimension Recherche de Nouveauté (RN), un score élevé pour la facette Besoin de changement (RN1) indique un plaisir des situations inconnues et une tendance à rechercher la nouveauté, les sensations fortes et l’aventure. Un score élevé pour la facette Impulsivité (RN2) suggère un faible contrôle des impulsions, des prises de décision hâtives et une distractibilité élevée. Pour la facette Dépenses (RN3), un score élevé est lié non seulement à des dépenses excessives d’argent, mais aussi d’énergie ou d’émotions. Un score élevé pour la facette Anticonformisme (RN4) est associé à l’irritabilité et à la désorganisation. 4
Pour l’Évitement du Danger (ED), une facette Inquiétude (ED1) au score élevé indique une anxiété ou un pessimisme, l’attente d’un danger ou d’un échec dans des situations relativement sûres, ainsi que la rumination continuelle des expériences négatives antérieures. Une Peur de l’inconnu (ED2) élevée reflète un malaise face à l’ambiguïté et à des circonstances inconnues perçues comme menaçantes. Une Timidité (ED3) élevée avec les étrangers indique une faible confiance en soi en société. Enfin, une Fatigabilité (ED4) et une asthénie élevées sont liées à un manque d’énergie et à une susceptibilité à l’épuisement.
Pour la Dépendance à la Récompense (DR), une Sentimentalité (DR1) élevée indique un fort degré de réactivité émotionnelle et d’attrait pour les situations affectivement fortes, une sensibilité émotionnelle et de la compassion. Un score important d’Attachement affectif (DR3) reflète une préférence pour la proximité relationnelle, le partage d’expériences et la création de liens chaleureux et durables. Enfin le Besoin de soutien (DR4) élevé souligne une forte dépendance à autrui dans différentes domaines (prise de décision, point de vue…) ainsi que le besoin de protection et la sensibilité à la critique.
Pour la Détermination (D), un Sens des responsabilités (D1) élevé reflète l’autonomie et la capacité du sujet à assumer ses choix et ses comportements, plutôt que d’en rejeter la charge sur d’autres ou sur les circonstances. Une Volonté d’aboutir (D2) forte marque la détermination à réaliser ses objectifs personnels à long terme afin de progresser vers un but. Un score élevé de Ressources individuelles (D3) reflète la capacité à résoudre les problèmes, l’esprit d’entreprise et l’ingéniosité. Une Acceptation de soi (D4) élevée traduit la bonne connaissance de ses capacités et de ses limites, sans insatisfaction excessive notamment par rapport à autrui. Enfin une facette Habitudes bénéfiques (D5) au score élevé souligne l’acquisition par l’expérience d’habitudes utiles et efficaces dans de nombreuses situations, congruentes aux valeurs et aux objectifs du sujet.
Pour la Coopération, une facette Tolérance sociale (C1) élevée traduit la capacité à accepter les différences comportementales, éthiques, intellectuelles et physiques. Une forte Empathie (C2) reflète les capacités d’écoute et de respect d’autrui, permettant au sujet de s’identifier à l’autre et de ressentir des émotions partagées, en mettant de côté ses propres jugements. Une Solidarité (C3) élevée traduit le niveau de générosité, l’intérêt pour la collectivité, la capacité à travailler en groupe et à se mettre au service des autres. Un score important de la facette Indulgence (C4) reflète une attitude ouverte, charitable, et pacifique sans esprit de revanche en dépit d’éventuelles malveillances d’autrui. Un score de Probité fort (C5) reflète un important niveau d’honnêteté et de scrupule social, d’éthique, avec une attitude désintéressée.
Pour la Transcendance (T), un fort Sens du spirituel (T1) décrit un degré important d’adhésion du sujet aux phénomènes non rationnels (miracles, perceptions extrasensorielles, intuition…). Un haut score de la facette Détachement de soi (T2) reflète la disponibilité de l’individu à l’égard d’états de méditation ou de transe, ou plus simplement de flottement, de fascination ou de rêverie. Enfin, un score de Croyance universelle (T3) élevé peut indiquer l’identification du sujet à la nature ou à un tout, avec l’impression d’être partie prenante d’un seul organisme vivant universel, ou plus simplement une implication marquée dans des activités collectives avec un esprit de sacrifice (lutte contre les injustices, protection de l’environnement…). Elle peut parfois impliquer une pensée magique qui devient dangereuse si elle coupe le sujet de de la réalité.
L’objectif principal de cette étude était de démontrer que les dimensions du caractère, susceptibles d’évolution, mais également que les dimensions de tempérament et les affects changent sous l’effet de la GT. L’objectif secondaire était de démontrer que ces changements sont spécifiquement liés aux motifs des demandes d’une aide psychothérapeutique et aux alternatives psychothérapeutiques spécifiques que 5 la GT peut offrir aux différents types de souffrances ou de troubles qui génèrent ces motifs. C’est pourquoi les résultats pour chaque type sont présentés séparément.
Matériels et méthodes
2.1. Conception de l’étude et participants Thérapie Gestalt TCI (THEGETCI) est une étude observationnelle, longitudinale et prospective. Les investigateurs étaient des Gestalt-thérapeutes qui ont été informés sur la finalité de l’étude (promouvoir la Gestalt-thérapie) ses objectifs (montrer son efficacité), et ses méthodes. Ils ont été recrutés grâce à un réseau de professionnels mobilisés par l’Institut de Formation et Gestalt-thérapie de Limoges et du Centre de Formation Gestalt-plus de Rennes. Ils étaient répartis sur l’ensemble du territoire national, et étaient tous titulaires du Certificat Européen de Gestalt-thérapie, ou diplômés de troisième cycle d’instituts de Gestalt accrédités et certifiés par des organismes professionnels français et/ou européens (FF2P, Fédération Française de Psychothérapie et de Psychanalyse ; EAGT, Association Européenne de Gestalt-thérapie ; et EAP, Association Européenne de Psychothérapie). Cette étude a été approuvée par le Comité de Protection des Personnes de Limoges, référence : CPP16-009/ 2015- A01208-41). Les thérapeutes étaient rémunérés par leurs clients, mais leur participation à l’étude était volontaire et non rémunérée. Ils devaient recueillir des informations sur les patients (âge, sexe, niveau d’études et traitements habituels) et décrire brièvement les raisons des demandes de psychothérapie des clients. La file active des clients des psychothérapeutes gestaltistes est principalement composée de personnes souffrant de troubles anxieux et dépressifs légers à modérés [23, 24], souvent associés à des problèmes névrotiques, des problèmes d’estime de soi, de perte, de deuil et de séparation. Les auteurs ont examiné les problèmes mentionnés par les patients, ainsi que les symptômes et les comportements identifiés par le psychothérapeute et les ont classés selon la Classification Internationale des Maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-10,10e révision) en six catégories : problèmes névrotiques (F43.0 et F43.1), problèmes émotionnels (F32.0, F32.1, F41.0, F41.1 et F41.2), problèmes d’estime de soi (F60.30, F60.31 et F60.8), problèmes psychosomatiques (F45.0 et F45.1), détresse liée au deuil et à la perte (F43.2) et autres problèmes. Ces questions ont été examinées séparément afin d’orienter les stratégies thérapeutiques. À la suite d’un entretien semi-structuré, les thérapeutes ont inclus les clients répondant aux critères d’inclusion et d’exclusion et ont proposé un programme psychothérapeutique composé de 33 séances d’une heure (minimum de 12), espacées sur plusieurs mois, d’une durée maximale de 2 ans. Lors de la première séance, les cliniciens ont rempli une note d’observation et ont demandé aux patients de répondre à des questions relatives à la personnalité, et à l’Hospital Anxiety and Depression Scale (HAD) afin d’évaluer les affects anxieux et dépressifs des clients. Le thérapeute et le patient ont évalué indépendamment la détresse psychologique à l’aide d’une échelle visuelle analogique (EVA) de 0 à 10 points. Les critères d’inclusion étaient les suivants : patients de sexe masculin ou féminin âgés de 18 ans ou plus, affiliés à l’assurance maladie, diagnostiqués avec des troubles de l’humeur (F32–F39), excluant les troubles bipolaires et les épisodes maniaques, potentiellement associés à un trouble anxieux (F41.0, F41.1 et F41.2) selon les critères de la CIM-10, et présentant une sévérité légère à modérée, sans intention suicidaire. Tous les patients ont reçu des explications orales et écrites sur l’étude. Les participants ont fourni un consentement libre, éclairé et écrit. Les critères d’exclusion étaient les suivants : troubles psychotiques, comportement addictif à une ou plusieurs substances, déficits cognitifs suggérant des troubles neurocognitifs, et bénéficiaires d’un statut de protection juridique (curatelle, tutelle). Il n’y avait aucune limite quant au nombre de clients inclus pendant la période de recrutement d’un an. 6 Sur les 59 Gestalt-thérapeutes (432 clients), 53 ont finalisé 319 cas (77 %). Les principales raisons de non-achèvement étaient l’abandon (patient quittant la psychothérapie avant 12 séances pour des raisons personnelles, familiales ou professionnelles) et la perte de vue (patient quittant la psychothérapie sans explication et n’ayant plus donné de nouvelles).
2.2. Instruments de mesure et procédure Le développement individuel par la psychothérapie a été évalué à l’aide de divers outils. L’instrument principal était le TCI à 125 items, traduit et validé en français [25, 18]. Les analyses étaient basées sur les scores totaux pour chaque dimension et facette (sous-dimension). Tous les scores bruts ont été pondérés (sur 100) pour plus de lisibilité. L’anxiété et la dépression ont été évaluées à l’aide de la version française de l’HAD [26,27], un questionnaire d’auto-évaluation composé de 14 items cotés de 0 à 3 : 7 pour l’anxiété (A) et 7 pour la dimension dépressive (D), chaque sous-échelle étant notée de 0 à 21. Pour chacun des deux scores, A et D, l’interprétation est la suivante : ≤ 7 : absence de symptomatologie ; 8 à 10 : symptomatologie douteuse ; ≥ 11: symptomatologie certaine. L’échelle visuelle analogique (EVA) a été utilisée pour évaluer les états psychologiques subjectifs tels que la détresse et la souffrance morale. Il s’agit d’une mesure simple, rapide et mono-item : les patients marquaient leur état perçu sur une ligne visuelle, tandis que les thérapeutes enregistraient leur impression clinique globale. L’échelle EVA permet également d’évaluer les changements d’état. Elle est constituée d’une ligne ancrée entre deux extrêmes : « pas de détresse » à l’extrême gauche et « détresse extrême » à l’extrême droite [28,29]. Le patient et le thérapeute ont marqué le point correspondant à l’intensité perçue. Les scores ont été calculés en mesurant la distance en millimètres à partir du point de « pas de détresse » jusqu’à la marque. Les évaluations EVA ont été réalisées de manière indépendante. Toutes les mesures ont été complétées lors de la visite initiale et de la visite finale.
2.3. Méthodes statistiques Les variables quantitatives ont été décrites sous forme de moyennes et d’écarts types, tandis que les variables qualitatives ont été présentées sous forme de nombres et de pourcentages. Les tests de Kolmogorov–Smirnov et de Shapiro–Wilk ont été utilisés pour vérifier la normalité de la distribution des variables quantitatives. L’ensemble des scores du TCI a été ajusté pour prendre en compte les facteurs de confusion potentielle (âge, sexe, statut socioéconomique, utilisation de psychotropes, durée de la thérapie, anxiété et dépression) à l’aide d’une analyse de covariance (ANCOVA). Toutes les analyses ont été réalisées à l’aide des logiciels XLSTAT 2021.2.1 et SPSS 29.0.2.0. [30]. Pour une analyse plus détaillée des statistiques et de leur méthodologie, les lecteurs et lectrices pourront consulter l’article de la revue Frontiers in Psychiatry [14] qui est en accès libre, avec le lien suivant : doi:10.3389/fpsyt.2025.1280954
Tableau 2. Comparaisons des moyennes (test t apparié) entre les scores initiaux et finaux avec la procédure post-hoc de Benjamini-Hochberg pour contrôler les taux de faux positifs.
Tableau 3. Comparaisons des moyennes entre les scores initiaux et finaux des dimensions et des facettes du TCI-125 selon les six motifs différents de demande de GT.
Remerciements
Mr Yves Plu, directeur de Gestalt+, l’école de Gestalt de Rennes, et sa successeuse Mme Véronique Gysemberg,
Le Conseil d’Administration de l’Institut Limousin de Formation et Gestalt-thérapie (ILFG) et sa directrice actuelle Mme Isabelle Soulat,
Pour leur participation au financement de cette étude et de sa publication.
Mme Alexandra Foucher, Attachée de Recherche Clinique au Centre Mémoire de Ressources et de Recherche (CMRR) de Limoges.
Et toutes les investigatrices et tous les investigateurs de l’étude THEGETCI, sans lesquel(lle)s ce projet n’aurait jamais pu aboutir :
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