Publication d’une recherche en gestalt-thérapie
5 mai 2026

La Gestalt-thérapie est-elle efficace ?

En mai 2017, Benjamin Calvet, Jean-Luc Vallejo et Yves Plu présentaient les résultats intermédiaires d’une recherche scientifique en cours, supervisée par le Pr Jean -Pierre Clément, sur l’efficacité de la Gestalt-thérapie lors de la Conférence Internationale de Paris sur la Recherche en Gestalt-thérapie. Ces premiers résultats avaient suscité un vif intérêt parmi de nombreux collègues et donné lieu à la publication d’un article [1] dans un numéro spécial des Cahiers de la Gestalt-thérapie et de la revue Gestalt. Nous notions alors que malgré les nombreux témoignages de satisfaction que nous pouvions recevoir de la part de nos clients/ patients, nous n’avions alors que des données subjectives à présenter à la communauté scientifique et au grand public sur l’efficacité de notre méthode. Ainsi que l’écrivaient Eva K. Gold et Stephen G. Zahm [2] « […] En comparaison avec d’autres orientations psychothérapiques, il y a actuellement pénurie de littérature concernant l’utilisation de la Gestalt-thérapie dans le traitement des populations cliniques ou de troubles spécifiques. […] Les protocoles de recherche n’ont pas non plus été suffisamment rigoureux pour pouvoir être confrontés aux standards actuels, ce qui aurait permis aux résultats d’être crédibles ».

Nous avons donc aujourd’hui le plaisir de vous informer que le 26 septembre 2025, est parue une publication [3] à propos de notre étude sur l’évaluation de la Gestalt-thérapie, l’étude THEGETCI, dans une revue scientifique internationale, Frontiers in Psychiatry, avec le titre : Use of the Temperament and Character Inventory to describe the effectiveness of Gestalt therapy (Utilisation de l’Inventaire du Tempérament et du caractère pour décrire l’efficacité de la Gestalt-thérapie). Cette publication est en accès libre sur le lien suivant 

Notre démarche, notre méthode et nos outils, nos résultats et leur analyse feront l’objet de ce qui va suivre.

1. La démarche

C’est d’une collaboration et d’une réflexion commune de Gestalt-thérapeutes des écoles de Limoges (ILFG) et de Rennes (Gestalt+), Jean-Luc Vallejo et Yves Plu, et de psychiatres du service hospitalo-universitaire de psychiatrie de Limoges, qu’est née en 2013 l’idée d’un projet d’évaluation scientifique de la Gestalt-thérapie sous la direction du Pr Jean-Pierre Clément et du Pr Benjamin Calvet, l’étude THEGETCI (Thérapie, Gestalt, Temperament and Character Inventory).

La finalité de notre étude nous a été inspirée par les fondateurs de la GT qui écrivaient en 1951 : « Lorsque le comportement interpersonnel est névrotique, la personnalité est constituée d’un certain nombre de conceptions de soi erronées, d’introjects, d’idéaux du soi, de masques, etc. Mais une fois la thérapie terminée (et cela s’applique à toute méthode thérapeutique), la personnalité constitue une sorte de cadre d’attitudes permettant de se comprendre soi-même et pouvant être utilisé dans tout type de comportement interpersonnel » [4]. Cette étude a donc consisté à évaluer les évolutions éventuelles qu’une série de séances de Gestalt-thérapie pourraient entraîner sur la personnalité, telle que définie par l’Organisation Mondiale de la Santé : « Les schémas de pensée, de sentiment et de comportement enracinés caractérisant le mode de vie et d’adaptation unique d’un individu, et résultant de facteurs constitutionnels, du développement et de l’expérience sociale ». À cette fin, nous avons opté pour un outil scientifique et dimensionnel d’évaluation de la personnalité et de son évolution : le Temperament and Character Inventory (TCI) de Cloninger.[5]

Au début des années 90, C. Robert Cloninger [6] propose une théorie biopsychosociale intégrative de la personnalité, qui s’articule autour de deux composantes fondamentales et de leur interaction : le tempérament, principalement déterminé par l’héritage génétique de chacun, et le caractère, dont la formation dépend plutôt de l’environnement et de l’apprentissage, facteurs épigénétiques principaux artisans du degré de maturation et d’adaptation de la personne.

Au sein de chacune de ces deux composantes, le TCI distingue différentes dimensions. Les quatre dimensions tempéramentales sont liées à la réponse immédiate des humains aux stimuli environnementaux fondamentaux (danger, nouveauté, punition, et récompense) et à des émotions de base observables dans différentes cultures (peur, colère, attachement). Ces quatre dimensions sont :

  • La Recherche de Nouveauté (RN) qui reflète la tendance à rechercher de nouvelles sensations fortes à partir de stimuli inconnus et de signaux de récompense.
  • L’Évitement du Danger (ED) qui correspond à la tendance à répondre aux stimuli aversifs par l’inhibition afin d’éviter la souffrance, la punition et la frustration.
  • La Dépendance à la Récompense (DR) est associée à une attitude sentimentale, chaleureuse, attachée et fidèle, par opposition à une attitude de repli sur soi et de froideur. La DR reflète la tendance à répondre systématiquement aux signaux de récompense et à éviter la punition.
  • La Persistance (P) est liée à la persévérance, c’est-à-dire la capacité à poursuivre un comportement sans en considérer les conséquences en l’absence de renforcement immédiat, malgré la fatigue et la frustration.

Les trois dimensions du caractère sont impliquées dans les réponses à différents aspects selon la propre identité ou l’expérience personnelle de chacun (avec des différences individuelles en termes de valeurs, de conscience de soi, et d’émotions ego-syntones telles que la honte, la culpabilité ou l’empathie). Le caractère est la structure cognitive et existentielle du soi. Il est composé de trois dimensions, susceptibles d’évolution tout au long de la vie sous l’influence des processus d’apprentissage, y compris les processus psychothérapeutiques qui sont :

  • L’auto-Détermination (D) qui désigne la capacité d’un individu à contrôler, réguler et adapter son comportement en fonction d’objectifs et de valeurs choisis. D correspond à la maturité individuelle, c’est-à-dire la capacité à adapter son comportement en fonction de ses valeurs et de ses orientations personnelles, ce qui englobe la volonté de réussir, l’efficacité personnelle et l’estime de soi.
  • La Coopération (C) qui se rapporte à la tendance à la tolérance sociale, à l’empathie, à la compassion et à l’entraide. C reflète la maturité sociale, caractérisée par les relations interpersonnelles et la conscience sociale, ainsi que par l’acceptation d’autrui.
  • La Transcendance (T) reflète la maturité spirituelle, désignant la réalisation spirituelle et la capacité à la méditation et à la pensée non matérialiste qui permettent à l’individu de se représenter l’univers [7].

Cloninger et al. ont proposé plusieurs versions du TCI [8]. La version utilisée dans cette étude était une version abrégée composée de 125 questions à choix forcé : vrai/faux (oui/non). Comme dans l’inventaire original, la section Tempérament du TCI-125 comprend 20 items pour la Recherche de Nouveauté (N), 20 pour l’Évitement du Danger (ED), 15 pour la Dépendance à la Récompense (RD), et 5 pour la Persistance (P) ; la section Caractère comprend 25 items pour l’auto-Détermination (D), 25 pour la Coopération (C), et 15 pour la transcendance (T). Chaque dimension comporte une à cinq facettes ou sous-dimensions ; ainsi, 25 facettes ont également été mesurées comme sous-échelles des sept principaux scores du TCI. (Tableau 1).

Tableau 1. Dimensions et facettes du Temperament and Character Inventory à 125 items (1993) [9]

Chaque facette correspond à deux pôles opposés au sein de la même dimension, permettant d’évaluer des niveaux dimensionnels supérieurs ou inférieurs selon la proximité de l’un ou l’autre pôle.

  • Pour la Recherche de Nouveauté (RN), une forte excitabilité exploratoire (RN1) indique un plaisir des situations inconnues et une tendance à rechercher la nouveauté, les sensations fortes et l’aventure. Une forte impulsivité (RN2) suggère un faible contrôle des impulsions et des prises de décision hâtives. Une forte extravagance (RN3) est liée à des dépenses excessives d’argent, d’énergie ou d’émotions. Un niveau élevé de désordre (RN4) est associé à l’irritabilité et à la désorganisation.
  • Pour l’Évitement du Danger (ED), une inquiétude anticipatoire élevée (ED1) indique une anxiété ou un pessimisme, l’attente d’un danger ou d’un échec dans des situations relativement sûres. Une peur élevée de l’incertitude (ED2) reflète un malaise face à l’ambiguïté et à des circonstances inconnues perçues comme menaçantes. Une timidité élevée avec les étrangers (ED3) indique une faible confiance en soi en société, tandis qu’une fatigabilité et une asthénie élevées (ED4) sont liées à un manque d’énergie et à une susceptibilité à l’épuisement.
  • Pour la Dépendance à la Récompense (DR), une sentimentalité élevée (DR1) indique une sensibilité émotionnelle et de la compassion. Un attachement affectif marqué (DR2) reflète une préférence pour le partage d’expériences et la création de liens chaleureux et durables. Enfin on note une forte dépendance envers les autres pour le soutien émotionnel et l’approbation (DR3). La dimension P ne comporte pas de sous-facettes ; des scores élevés indiquent la persévérance, l’ingéniosité et la résilience malgré la frustration et la fatigue.
  • Dans l’auto-Détermination (D), un sens de Responsabilité élevé (D1) reflète l’autonomie et la responsabilisation. Une Détermination forte (D2) indique la détermination à réaliser un objectif. Une Ingéniosité élevée (D3) reflète la compétence et la capacité à résoudre les problèmes. Une Acceptation de soi élevée (D4) indique la confiance et l’acceptation de ses forces et de ses limites. Une Congruence importante (D5) reflète l’alignement habituel des actions avec les valeurs et les objectifs à long terme.
  • Pour la Coopération, une Tolérance sociale élevée (C1) reflète la tolérance et la convivialité. Une forte Empathie (C2) reflète la prise de perspective. Une Solidarité élevée (C3) est associée à des comportements de soutien, d’encouragement ou de réconfort. Une Indulgence marquée (C4) reflète la gentillesse, le pardon et la générosité. Enfin une Probité forte (C5) reflète l’équité, la sincérité et un comportement fondé sur des principes.
  • Pour la Transcendance (T), on note une puissante capacité à se détacher de soi (T1), à transcender ses limites personnelles pour élargir sa perception du monde et son sens du spirituel. Une identification transpersonnelle élevée (T2) reflète une connexion profonde avec la nature et l’univers. Enfin une acceptation spirituelle élevée (T3) indique la croyance aux miracles ou aux expériences surnaturelles, impliquant parfois une pensée magique qui devient dangereuse si elle ne tient plus compte de la réalité.

L’objectif principal de cette étude était de démontrer que les dimensions du caractère, susceptibles d’évolution, mais aussi que les autres traits de personnalité (tempérament) et les mesures émotionnelles changent sous l’effet de la GT. L’objectif secondaire était de démontrer que ces changements sont spécifiquement liés aux motifs des demandes d’une aide psychothérapeutique et aux alternatives psychothérapeutiques spécifiques que la GT peut offrir aux différents types de souffrances ou de troubles qui génèrent ces motifs. C’est pourquoi les résultats pour chaque type sont présentés séparément.

2. Matériels et méthodes

2.1. Conception de l’étude et participants

Thérapie Gestalt TCI (THEGETCI) est une étude observationnelle, longitudinale et prospective. Les investigateurs étaient des Gestalt-thérapeutes qui ont été informés sur la finalité de l’étude (promouvoir la Gestalt-thérapie), ses objectifs (montrer son efficacité) et ses méthodes. Ils ont été recrutés grâce à un réseau de professionnels mobilisés par l’Institut de Formation et Gestalt-thérapie de Limoges et du Centre de Formation Gestalt-plus de Rennes. Ils étaient répartis sur l’ensemble du territoire national, et étaient tous titulaires du Certificat Européen de Gestalt-thérapie, ou diplômés de troisième cycle d’instituts de Gestalt accrédités et certifiés par des organismes professionnels français et/ou européens (FF2P, EAGT et EAP)

Cette étude a été approuvée par le Comité de Protection des Personnes de Limoges (référence : CPP16-009/ 2015-A01208-41).

Les thérapeutes devaient recueillir des informations sur les clients/patients (âge, sexe, niveau d’études et traitements habituels) et décrire brièvement les raisons de leurs demandes de psychothérapie. La file active des clients des psychothérapeutes gestaltistes est principalement composée de personnes souffrant de troubles anxieux et dépressifs légers à modérés [10,11], souvent associés à des problèmes névrotiques, des problèmes d’estime de soi, de perte, de deuil et de séparation. Les auteurs de l’étude ont examiné les problèmes mentionnés par les patients, ainsi que les symptômes et les comportements identifiés par le psychothérapeute et les ont classés selon la Classification Internationale des Maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-10,10e révision) en six catégories : problèmes névrotiques (F43.0 et F43.1), problèmes émotionnels (F32.0, F32.1, F41.0, F41.1 et F41.2), problèmes d’estime de soi (F60.30, F60.31 et F60.8), problèmes psychosomatiques (F45.0 et F45.1), détresse liée au deuil et à la perte (F43.2) et autres problèmes. Ces questions ont été examinées séparément afin d’orienter les stratégies thérapeutiques.

À la suite d’un entretien semi-structuré, les thérapeutes ont inclus les clients répondant aux critères d’inclusion et d’exclusion et ont proposé un programme psychothérapeutique composé de 33 séances d’une heure (minimum de 12), espacées sur plusieurs mois, d’une durée maximale de 2 ans.

Lors de la première séance, les cliniciens ont rempli une note d’observation et ont demandé aux patients de répondre à des questions relatives à la personnalité, et au questionnaire de l’Échelle Hospitalière d’Anxiété et de Dépression d’anxiété et de dépression (HAD). Le thérapeute et le patient ont évalué indépendamment la détresse psychologique à l’aide d’une échelle visuelle analogique (EVA) de 10 points.

Les critères d’inclusion étaient les suivants : patients de sexe masculin ou féminin âgés de 18 ans ou plus, affiliés à l’assurance maladie, diagnostiqués avec des troubles de l’humeur (F32–F39 excluant les troubles bipolaires et les épisodes maniaques), potentiellement associés à un trouble anxieux (F41.0, F41.1 et F41.2) selon les critères de la CIM-10, et présentant une sévérité légère à modérée, sans intention suicidaire. Tous les patients ont reçu des explications orales et écrites sur l’étude. Les participants ont fourni un consentement éclairé écrit. Les critères d’exclusion étaient les suivants : troubles psychotiques, comportement addictif à une ou plusieurs substances, déficits cognitifs suggérant des troubles neurocognitifs, et bénéficiaires d’un statut de protection juridique (tutelle).

Il n’y avait aucune limite quant au nombre de clients inclus pendant la période de recrutement d’un an.

Sur les 59 Gestalt-thérapeutes (432 clients), 53 ont finalisé 319 cas (77 %). Les principales raisons de non-achèvement étaient l’abandon (patient parti avant 12 séances pour des raisons personnelles, familiales ou professionnelles) et la perte de vue (patient parti sans explication et n’ayant plus donné de nouvelles).

2.2. Instruments de mesure et procédure

L’évolution individuelle par la psychothérapie a été évaluée à l’aide de divers outils. L’instrument principal était le TCI à 125 items, traduit et validé en français [12]. Les analyses étaient basées sur les scores totaux pour chaque dimension et facette (sous-dimension). Tous les scores bruts ont été pondérés (sur 100) pour plus de lisibilité.

L’anxiété et la dépression ont été évaluées à l’aide de la version française validée de l’échelle d’anxiété et de dépression hospitalière (HAD) [13, 14, 15], un questionnaire d’auto-évaluation composé de 14 items cotés de 0 à 3 : 7 pour l’anxiété et 7 pour la dimension dépressive.

L’échelle visuelle analogique (EVA) a été utilisée pour évaluer les états psychologiques subjectifs tels que la détresse et la souffrance morale. Elle est constituée d’une ligne tracée entre deux extrêmes : « pas de détresse » à l’extrême gauche et « détresse extrême » à l’extrême droite [16]. Le patient et le thérapeute, de manière indépendante, ont marqué le point correspondant à l’intensité perçue. Les scores ont été calculés en mesurant la distance en millimètres à partir du point de « pas de détresse » jusqu’à la marque.

Toutes ces mesures ont été complétées lors de la visite initiale et de la visite finale.

2.3. Méthodes statistiques

Les variables quantitatives ont été décrites sous forme de moyennes et d’écarts types, tandis que les variables qualitatives ont été présentées sous forme de nombres et de pourcentages.
Les tests de Kolmogorov–Smirnov et de Shapiro–Wilk ont été utilisés pour vérifier la normalité de la distribution des variables quantitatives. L’ensemble des scores du TCI a été ajusté pour prendre en compte les facteurs de confusion potentielle (âge, sexe, statut socioéconomique, utilisation de psychotropes, durée de la thérapie, anxiété et dépression) à l’aide d’une analyse de covariance (ANCOVA). Toutes les analyses ont été réalisées à l’aide des logiciels XLSTAT 2021.2.1 et SPSS 29.0.2.0. [17]. La comparaison des moyennes (test t apparié) entre les scores initiaux et finaux a été réalisée avec la procédure post-hoc de Benjamini-Hochberg pour contrôler les taux de faux positifs.

Pour une analyse plus détaillée des statistiques et de leur méthodologie, les lecteurs et lectrices pourront consulter l’article de la revue Frontiers in Psychiatry qui est en accès libre, avec le lien suivant :

3. Résultats

Les 319 sujets, [78 hommes et 241 femmes, âgés de 19 à 76 ans, avec un âge moyen de 41 ans] ont bénéficié en moyenne d’environ 31 ± 6 séances (de 12 à 53). Les 53 thérapeutes ont inclus et finalisé de 1 à 36 cas. Le délai moyen entre la première et la dernière séance était de 393 ± 150 jours. Ce délai et le nombre de séances étaient statistiquement corrélés (r = 0,36, p < 0,001).

Tableau 2. Comparaisons des moyennes (test t apparié) entre les scores initiaux et finaux avec la procédure post-hoc de Benjamini-Hochberg pour contrôler les taux de faux positifs.

 Score moyen initial (ET)                                        n= 319Score moyen final (ET) n=319tpRang pB-H  Seuil Significativité pB-H  
HAD anxiété10,87 (3,87)7,58 (3,23)16,46<0,000130,0136
HAD dépression6,59 (3,99)4,13 (2,98)11,24<0,000150,0227
TCI-125 Tempérament:      
Recherche de Nouveauté49,31 (18,60)49,56 (17,80)-0,320,749+110,05
Evitement du Danger57,49 (24,84)48,73 (25,66)8,82<0,000160,0273
Dépendance à la Récompense71,62 (17,04)71,14 (16,12)0,620,533+100,0454
Persistance66,14 (29,63)64,01 (28,84)1,590,114+90,0409
TCI-125 Character:      
Détermination59,99 (20,32)71,46 (19,80)-11,49<0,000140,0189
Coopération82,61 (12,54)83,97 (11,06)-2,770,00680,0364
Trancendance44,41 (23,84)48,57 (24,19)-4,52<0,000170,0318
EVA patient5,46 (2,18)2,88 (2,04)18,7<0,000120,0091
EVA therapeute5,80 (1,98)2,88 (2,03)21,69<0,000110,0045

HAD, Hospital and Anxiety Depression Scale; TCI-125, Temperament and Character Inventory à 125-items; EVA pour la détresse psychologique subjective, pB-H, procédure Benjamini-Hochberg avec m = 11; Q = 5%, +résultats non significatifs après ajustement Benjamini-Hochberg,

Tous les scores du TCI-125 sont contrôlés selon l’âge, le sexe, le niveau socio-économique, l’utilisation de médicament, la durée du traitement et les scores d’anxiété et de dépression initiaux.

Des différences statistiquement significatives entre les scores moyens initiaux et finaux ont été observées pour l’anxiété, la dépression, l’Évitement du Danger (ED) et la détresse psychologique globale (tous en baisse) et pour les trois dimensions de la maturité (toutes en hausse) (Tableau 2).

Lors de l’examen des 25 facettes (Tableau 3), des différences statistiquement significatives entre les scores moyens initiaux et finaux ont été observées pour l’excitabilité exploratoire (RN1), l’acceptation sociale (C1) et toutes les facettes Évitement du Danger (ED), Dépendance à la Récompense (DR), Détermination (D) et Transcendance (T). Le tableau 3 montre aussi des différences statistiquement significatives entre les scores d’anxiété initiaux et finaux pour tous les motifs cliniques justifiant la demande de psychothérapie. Dans les différents groupes, une augmentation globale des scores de D a été observée, notamment pour la facette D3 (Ingéniosité), et une diminution générale de ED, notamment pour la facette ED2 (Peur de l’incertitude). Dans le groupe deuil/détresse et le groupe troubles émotionnels, ces changements étaient significatifs dans les tests t appariés, mais n’ont pas été confirmés par les modèles ANCOVA ajustés pour l’âge, le sexe et l’anxiété initiale. Grâce à l’EVA, des diminutions statistiquement significatives des mesures de détresse ont été observées tant chez les patients que chez les thérapeutes, avec des scores corrélés lors des séances initiales et finales (r = 0,62, p < 0,001 et r = 0,73, p < 0,001, respectivement).

Tableau 3. Comparaisons des moyennes entre les scores initiaux et finaux des dimensions et des facettes du TCI-125 selon les six motifs différents de demande de GT.

Pathologie névrotique (n=136)Troubles émotionnels (n=86)Pathologie de l’estime de soi (n=41)Trouble psychosomatique (n=12)Détresse liée au deuil /  à la perte (n=29)Autres (n=15)
H/ANXDIM****DIM****DIM****DIM***DIM****DIM**
H/DEPDIM****DIM****DIM**DIM****DIM***
RNAUG*+
RN1AUG *+AUG *+
RN2
RN3
RN4
EDDIM****DIM ****DIM *+DIM ****DIM *+
ED1DIM ***DIM **DIM *DIM **
ED2DIM **DIM ***DIM *+DIM *+
ED3DIM ****DIM **DIM *+DIM *+
ED4DIM *DIM **DIM **
DRDIM *
DR1DIM *+DIM *+
DR3AUG****AUG *+AUG **AUG**+
DR4DIM **DIM *DIM *+DIM *
PDIM **
DAUG****AUG****AUG****AUG****
D1AUG****AUG****AUG****AUG****
D2AUG****AUG****AUG****
D3AUG****AUG***AUG**AUG*+AUG**
D4AUG**AUG***AUG***
D5AUG***AUG****AUG**
CAUG**
C1AUG*
C2
C3
C4AUG*
C5
TAUG****
T1AUG*AUG*
T2AUG****
T3AUG*+AUG*+

H/ANX : anxiété ; H/DEP : dépression ; RN : recherche de nouveauté ; ED : évitement des préjudices ; DR : dépendance à la récompense ; P : persistance ; D : autonomie ; C : coopération ; T : détachement de soi ; AUG : augmentation ; DIM : diminution.

La significativité a été déterminée à l’aide de tests t appariés. Les résultats ajustés par ANCOVA par groupe sont présentés dans les sections « Résultats » et « Discussion ». Méthode de Benjamini-Hochberg avec m = 33 et Q = 5 %.

Le seuil de signification statistique retenu est p ≤ 0,05.

****p ≤ 0,0001, ***p ≤ 0,001, **p ≤ 0,01 et *p ≤ 0,05.

(–) :  non significatif après ajustement de Benjamini-Hochberg.

4. Discussion

Comme nous l’avions supposé, les résultats de l’étude THEGETCI ont montré une amélioration significative des trois dimensions du caractère. Comme le soulignent d’autres études, l’auto-Détermination (D) présente la plus forte augmentation [18,19]. Le caractère repose sur un processus de maturation continu, et l’auto-détermination s’accroît tout au long de la vie [20-21], confirmant l’hypothèse selon laquelle la maturité, un facteur épigénétique, s’accroît avec l’expérience. Chaque séance est une expérience qui tend à développer les différentes facettes de la D en réduisant les comportements répétitifs du patient, en favorisant la prise de conscience des « ajustements conservateurs » et en l’invitant à s’adapter de manière nouvelle et créative à la situation thérapeutique. Cette expérience, régulièrement renouvelée, vise à développer la maturité, l’autonomie, la confiance, la responsabilité, la prise de conscience et l’estime de soi.

Toutefois, l’évolution a varié selon les problèmes identifiés. Il est intéressant de noter que la Coopération (C) a augmenté mais dans une moindre mesure, ce qui indique cependant une évolution positive de la capacité à créer des relations sociales constructives, en particulier chez les personnes présentant une meilleure acceptation sociale. Globalement, la Coopération (C) est restée stable, sauf dans le groupe névrotique, où la tolérance sociale (Acceptation sociale C1) et l’indulgence (Compassion C4) ont significativement augmenté. Pour ce groupe, les données pourraient indiquer une meilleure capacité à établir des relations constructives.

L’augmentation significative de la Transcendance, avec ses trois facettes : la capacité à se détacher de soi (T1), l’identification transpersonnelle (T2) et l’acceptation spirituelle (T3), est un corollaire de l’augmentation de la maturité. Lors des séances de Gestalt-thérapie, la Transcendance (T) est stimulée par la quête de sens des émotions, des postures, des sensations, et des pensées qui émergent dans la situation présente. Il en résulte une co-construction entre le patient et le thérapeute qui favorise le détachement de soi et la reconnaissance d’une expérience humaine partagée. Une augmentation significative a été observée pour la facette Identification Transpersonnelle (T2). Les exercices méditatifs peuvent influencer positivement cet aspect grâce au double mouvement de relaxation et de concentration qu’ils exigent, favorisant non seulement le détachement de soi et de la souffrance, mais aussi une attention focalisée sur les manifestations psychocorporelles en cours. L’Acceptation Spirituelle (T3) peut également être affinée par la quête partagée et la co-construction de sens, qui peuvent évoluer vers une expérience spirituelle et/ou herméneutique possible, sans tomber dans la pensée magique ou la superstition.

Les résultats ont également montré des changements dans les scores du tempérament, quoique dans une moindre mesure. L’Évitement du Danger (ED) était la seule dimension à avoir diminué significativement, comme observé dans d’autres traitements [22,23]. Cela indique que le travail thérapeutique favorise une énergie, un courage et un optimisme accrus chez les patients souffrant de dépression ou d’anxiété. Cette dimension s’aligne sur les objectifs de responsabilisation et d’autonomisation des patients de la GT. Les quatre facettes : inquiétude anticipatoire (ED1), peur de l’incertitude (ED2), timidité avec les étrangers (ED3) et fatigabilité et asthénie (ED4), ont diminué significativement, en particulier chez les patients présentant des troubles émotionnels, névrotiques et de deuil/perte. On peut supposer que la concentration sur le présent, par la méditation, les exercices de respiration, la relaxation corporelle, la mise à jour des injonctions parentales ou éducatives internalisées (introjects) et l’examen de leurs effets sur la situation thérapeutique, influence la diminution de l’inquiétude anticipatoire (ED1) et de la timidité envers les étrangers (ED3), notamment en cas de troubles émotionnels ou névrotiques. Concernant les problèmes de perte et de deuil, le dialogue, l’écoute empathique de la détresse existentielle, des sentiments d’abandon ou de rejet, et l’actualisation de relations passées ou anticipées par le biais de jeux de rôle, tendent à aider les patients à recouvrer leurs propres ressources et à réduire l’asthénie. La diminution de l’ED était plus discrète pour l’estime de soi et les troubles psychosomatiques, où le doute envers autrui et l’attachement aux symptômes nécessitent un travail psychothérapeutique plus approfondi et plus long en raison de l’alexithymie [24].

Dans les groupes de troubles émotionnels et de deuil/perte, les variations de l’écart-type et de l’anxiété liée à l’âge, significatives dans les tests t appariés, ne le sont pas restées après ajustement ANCOVA pour l’âge, le sexe et l’anxiété initiale, ce qui suggère que ces effets pourraient s’expliquer par ces covariables plutôt que par le traitement lui-même. Il est également important de noter que l’ANCOVA n’a pas pu être appliquée aux groupes à petits échantillons (par exemple, troubles psychosomatiques et autres groupes à problèmes) et qu’en raison de la puissance statistique limitée des analyses de sous-groupes, toutes les covariables pertinentes (par exemple, niveau d’éducation, prise de médicaments, durée du traitement et dépression) n’ont pas pu être incluses dans les modèles ajustés pour chaque groupe. Notamment, lorsque l’anxiété initiale a été exclue du modèle dans le groupe des troubles émotionnels, l’amélioration de l’écart-type était à nouveau significative, ce qui suggère que les niveaux d’anxiété peuvent atténuer ou masquer l’effet du traitement sur cette dimension chez les patients atteints de troubles émotionnels.

Bien que la Recherche de Nouveauté (RN) n’ait pas augmenté significativement dans l’ensemble, la facette RN1 (excitabilité exploratoire) a augmenté significativement dans les groupes de problèmes névrotiques et d’estime de soi (p < 0,05). Cette augmentation peut s’expliquer par un travail de responsabilisation en thérapie, visant à recentrer la demande de changement des patients sur eux-mêmes et leurs représentations, plutôt que sur les autres ou le thérapeute, sous forme de victimisation, de revendications ou de grandiloquence, fréquentes dans les troubles d’estime de soi [25,26]. La stabilité des autres facettes pourrait indiquer que l’impulsivité, l’extravagance et le désordre (RN2, RN3 et RN4) sont contrôlés chez les patients atteints de troubles de l’humeur par un cadre thérapeutique clair, la prise en compte des phénomènes de transfert dans la relation patient-thérapeute et l’exploration de leurs origines traumatiques ou fantasmatiques.

La stabilité de la Dépendance à la Récompense (DR) peut témoigner de l’intégrité et du bon équilibre narcissique des Gestalt-thérapeutes, qui privilégient l’autonomie du patient tout en évitant les suggestions ou manipulations trop fortes. Néanmoins, des différences ont été observées entre les facettes de cette dimension après le traitement. L’invitation à la prise de conscience et au partage des émotions peuvent influencer la facette Attachement (DR3), qui a montré une augmentation significative dans les problèmes émotionnels, névrotiques et d’estime de soi. Ceci semble être un bon indicateur de la qualité du lien client-thérapeute, qui s’est construit et renforcé au fil des séances, sans toutefois favoriser la dépendance (DR4 Dépendance), car cette facette a significativement diminué.

La persévérance (P) est restée stable, car elle ne constitue pas un objectif principal de la GT, du moins dans sa dimension compulsive. Pour tous les patients, le score de l’Échelle Hospitalière d’Anxiété et de Dépression, moyen au début du traitement était d’environ 17, correspondant à une « anxiété ou une dépression sévère », et a diminué jusqu’à environ 12 après le traitement, correspondant à un « état anxieux ou dépressif léger » [13]. La diminution de l’anxiété était significative (p < 0,0001) pour les troubles névrotiques, émotionnels, de deuil/perte et d’estime de soi, représentant plus de 90 % des patients (Tableau 3). Cette diminution est restée significative, bien que plus modérée, pour les troubles psychosomatiques (p = 0,003) et pour les autres patients (p = 0,002). La réduction des symptômes dépressifs était également significative (p < 0,0001) pour les troubles névrotiques, émotionnels et de deuil/perte, et plus modérée pour les troubles de l’estime de soi (p < 0,003), tout en restant stable pour les troubles psychosomatiques. Dans les deux cas, il s’agit d’un problème fondamental [27,28] qui ne peut évoluer que sur une période plus longue grâce à l’exploration du traumatisme et de ses effets sur la relation thérapeutique. Enfin, la petite taille de l’échantillon de patients pour les troubles psychosomatiques limite l’interprétation.

Les résultats de l’Échelle Visuelle Analogique (EVA), avec des évaluations en aveugle par les patients et les praticiens, tendaient à montrer une cohérence dans leurs perceptions de l’évolution positive du processus thérapeutique.

5. Limites

Il s’agissait d’une étude longitudinale d’un an. Cependant, on ignore si cet effet persiste longtemps après le traitement. Il serait intéressant d’étudier les effets à long terme de la GT et de les comparer aux données d’autres psychothérapies reconnues. De plus, nous ne sommes pas certains que les patients ayant refusé de participer à l’étude étaient identiques à ceux inclus, ni qu’ils auraient présenté un taux d’échec plus élevé que l’échantillon de l’étude. Nous n’avons pas inclus de groupe témoin, ce qui a limité la portée de notre étude. Cependant, nous avons ajusté nos résultats en fonction de nombreux facteurs confondants tels que l’âge, le sexe, le statut socio-économique, la prise de médicaments, la durée de la thérapie et les scores d’anxiété et de dépression. L’effet thérapeute est en effet un facteur important dans toute psychothérapie relationnelle où le thérapeute est simultanément l’un des protagonistes de la relation thérapeutique [29]. Dans cette étude, tous les thérapeutes avaient la même formation, utilisaient la même méthode et comptaient au moins huit ans d’expérience, ce qui pourrait avoir réduit les différences entre les résultats. De futures recherches devraient pouvoir explorer plus en détail les considérations statistiques et méthodologiques relatives à l’effet thérapeute [30]. De plus, bien qu’une procédure en aveugle ait été mise en place pour le thérapeute comme pour le patient pour évaluer la détresse psychologique et pour consigner les évaluations, l’auto-évaluation de l’efficacité comporte inévitablement un biais de désirabilité sociale.

5. Conclusion

Cette étude est l’une des premières à démontrer l’efficacité de la Gestalt-thérapie sur les dimensions de la personnalité par le biais de pratiques classiques. Les évaluations rigoureuses présentées ici démontrent l’importance de cette méthode. L’apport spécifique de la GT réside dans la transmission par le thérapeute d’une attitude particulière, centrée sur le présent, la conscience et la responsabilité : « Ces trois éléments (évaluation des événements actuels, état de conscience et responsabilité) sont les aspects d’une même manière d’être au monde. Être responsable (capable de répondre) implique d’être présent, d’être là. Et être véritablement présent, c’est être conscient. Enfin, être conscient, c’est être présent (réalité), un état incompatible avec l’illusion d’irresponsabilité qui nous pousse à éviter de vivre notre vie, plutôt que de la vivre sans nous soucier de ce que nous pensons. » [31].

Le TCI-125 de Cloninger a démontré son utilité pour évaluer l’efficacité de la GT. Les résultats montrent principalement qu’une augmentation de l’autodétermination (D) et une diminution de l’évitement du danger (ED) peuvent servir de repères pour la prise en charge individuelle. Ces changements significatifs au sein de la personnalité peuvent être considérés comme des indicateurs de progrès dans le processus psychothérapeutique et, par conséquent, de l’efficacité de la GT. En outre, la GT semble améliorer des variables d’état telles que la dépression et l’anxiété, ainsi que la détresse psychologique subjective. Nous avons récemment développé une nouvelle version basée sur le modèle biopsychosocial de Cloninger, qui intègre une huitième dimension pour évaluer l’alexithymie afin de mieux comprendre l’évolution des patients atteints de troubles somatiques. Ce TCAI-150-LR (Inventaire du Tempérament, du Caractère et de l’Alexithymie, comprenant 150 items et une Révision Lexicale) est actuellement en cours de validation. D’autres études portant sur d’autres cohortes sont nécessaires pour confirmer les résultats présentés ici et mieux déterminer les bénéfices attendus pour les praticiens, ainsi que les profils de patients les plus susceptibles de bénéficier de la GT.

Jean-Luc Vallejo

Psychothérapeute, co-fondateur et ex-directeur de


L’Institut Limousin de Formation et Gestalt-Thérapie, de Limoges.

Remerciements

Au Pr Jean-Pierre Clément, qui fut à l’initiative et à la préparation indispensable de ce projet,

Au Pr Benjamin Calvet, pour son investissement, son énorme travail statistique et sa persévérance,

À Mme Alexandra Foucher, attachée de recherche du Centre Mémoire de Ressources et de Recherche du Limousin, pour son soutien logistique,

À Mr Yves Plu, Gestalt-thérapeute, fondateur et ex-directeur de Gestalt+, pour le grand travail de recrutement et de mobilisation qu’il a réalisé auprès des investigatrices et Investigateurs.,

Aux instituts de Gestalt-thérapie de Limoges et de Rennes, et leurs directrices actuelles Isabelle Soulat et Véronique Gysemberg, pour le financement de ce projet.

À toutes les investigatrices et tous les investigateurs de l’étude THEGETCI, sans lesquel(lle)s ce projet n’aurait jamais pu aboutir :

Algaron Philippe (Paris), Aubry Murielle (Colmar), Barreau Françoise (Aubervilliers), Beauviala Muriel (Paris), Béranger Nelly (Saint-Nazaire), Berthelin Anne (Saint-Marcelin de Cray), Boulangé Claire (Rennes), Brahim Roselyne (Le Perreux-sur-Marne), Butel Brigitte (Paris), Carpentier Anne (Paris), Charrier Carole (Rennes), Chatel Delphine (Rennes), Chauviré-Leduc Emmanuelle (Rennes), Chuche Ghislaine (Paris), Colavin-Gérard Magali (Nantes), Cornelis Marleen (Paris), Deblyck Nicolas (Nantes), Delahaie Gaëlle (Tours), Demaison Martine (Brive), Di Costanzo-Coucaud Nelly (Limoges), Dorcet-Deschaumes Christine (Paris), Du-Jonchay Priscille (Nantes), Dumez Sylvie (Nantes), Dumez Laurent (Saint-Malo), Dupré Hélène (Larmor Baden), Duquenois Elise (Poitiers), Elhadad Anna (Bussy-Saint-Georges), Falgas Claude (Redon), Filippi Gaëlle (Paris), Fourrure Sophie (Paris), Gaille Olivier (Brest), Goutherot Céline (Quimper), Grosclaude Mireille (Rennes), Hérault Chrystèle (Plouër-sur-Rance), Julien-Siné Céline (Perpignan), Juston Didier (Bernay), Kervern Naïg (Rennes), Labro Anne-Marie (Lannion), Laroche Isabelle (Maule), Lebas Cédric (Nantes), Lerasle Catherine (Londres), Lucas Aurélie (Saint-Malo), Mauger-Combe Florence (Le Mans), Pasquet Laurence (Limoges), Pluvinage Séverine (Neuilly-sur-Marne), Raymondeau Christian (Limoges), Rodier Laurence (Saint-Jean d’Angely), Santoro-Kerviche Grazia (Paris), Sartori Anne (Rennes), Soulat Isabelle (Limoges), Turban Jean-Yves (Saint-Herblon), Vallejo Jean-Luc (Limoges), Winzenried Anne (Rennes).

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